Les trajectoires de cancer au prisme du « non-recours » CCT-NTU
Partenaire 1 : Helena Revil, Laboratoire l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), Grenoble Partenaire 2 : Yohann Fayet, UMR Inserm U1290 RESHAPE, Centre Léon Bérard de Lyon
Ce projet a pour but d’explorer les trajectoires vers un diagnostic de cancer et vers la mise en place d’un traitement à partir de l’angle du « non-recours » et du point de vue des patients.
Objectifs :
Le projet se centre sur le carcinome hépatocellulaire (CHC) de mauvais pronostic. La médiane de survie globale observée est de 9,4 mois. Une étude récente a rapporté qu’en France, le pourcentage de patients sous traitement curatif (et la survie associée) variait jusqu'à quatre fois en fonction de leur code postal (Goutté et al, 2017). L'accès au traitement curatif et la survie n'étaient pas corrélés à l'incidence du CHC entre les régions. Les auteurs ont émis l'hypothèse que les facteurs de disparités géographiques s’articulent avec des déterminants sociaux de la santé et qu’il existe « des failles dans les parcours de soins ». Les failles ont également été explorées en déconstruisant les trajectoires vers le diagnostic de CHC à partir de la notion de non-recours.
Méthodologie
17 entretiens qualitatifs semi-directifs ont été réalisés avec des patients diagnostiqués avec un CHC au sein du CHU Grenoble-Alpes avec l’implication des médecins du service d’hépato-gastroentérologie, d’une attachée de recherche clinique et des chercheurs en sciences sociales en charge de réaliser les entretiens.
Résultats
Il a été constaté que deux types de non-recours apparaissent plus spécifiquement dans les trajectoires des personnes interrogées : la non-demande et la non-proposition. Ces non-recours qui concernent en particulier des consultations chez le généraliste et/ou des analyses/examens médicaux et/ou des consultations spécialisées, n’ont pas permis de diagnostiquer une pathologie susceptible d’évoluer vers un cancer et/ou de repérer d’éventuels signes d’un cancer et/ou la réalisation effective d’un suivi régulier d’une pathologie susceptible d’évoluer vers un cancer. L’analyse met cependant en avant l’importance de prendre en compte l’origine sociale et pas uniquement la position sociale actuelle des personnes interrogées pour éclairer les trajectoires vers le diagnostic et le traitement d’un CHC, ces deux dimensions influençant à la fois l’adoption de comportements à risque et le rapport aux soins et au monde médical.
Valorisation
Un article a été soumis à la Revue française des affaires sociales (RFAS) pour le numéro "La fabrique des inégalités sociales de santé". Il présente la démarche de cette étude exploratoire qualitative et les tout premiers résultats. L’article a été accepté pour publication, après modifications.